Effets des éoliennes sur la santé des vaches (et autres)
- Menhir Subtil

- 23 déc.
- 3 min de lecture

PENDANT QUE LES EOLIENNES TOURNENT, NOS VACHES DANSENT LA VALSE
"Mon nom est Agnès Aubertin, je suis agricultrice à Darmannes, (52), une commune située entre Nancy et Troyes. J’avais déjà témoigné pour Sioux Berger en 2022. Je reprends aujourd’hui la parole pour expliquer comment, nous, les éleveurs, nous tournons en rond face à un problème non reconnu : celui des parcs éoliens.
Je m’occupe d’un troupeau de 250 bêtes, des vaches allaitantes sur 100 hectares et des laitières, sur 20 hectares. Autour de nous, il y a de nombreux parcs éoliens : celui de Darmannes, avec 8 éoliennes dont certaines sont à 800 mètres de la maison, celui de Mareilles, celui de Biesles, de Rochefort... nous sommes cernés, encerclés. La nuit, c’est illuminations de Noël toute l’année, ça clignote dans tous les sens.
Les problèmes ont commencé en 2019, avec la mise en route du parc de Riaucourt : deux vaches sont mortes subitement, sans raison, dans leur logette. Une seule chose avait changé : la mise en route des éoliennes. Ensuite, on a commencé à avoir des problèmes avec la qualité du lait alors qu’on n’en avait jamais eu auparavant, des veaux sont morts, et, surtout, nos vaches devenaient stériles. La reproduction était extrêmement difficile.
Certaines vaches maigrissaient, avaient le poil hérissé, et elles ne tenaient pas en place. C’était comme si la souffrance les forçait à danser. Elles levaient les sabots sans cesse, comme si quelque chose d’invisible les gênait. On aurait dit qu’elles valsaient…l’électricité présente dans les sols étaient bien trop importantes pour elles.
A l’auscultation, les vétérinaires ont constaté que certaines bêtes présentaient des « masses » dans le ventre, ce qui expliquait le fait qu’elles ne pouvaient pas se reproduire. Personnellement, j’ai aussi commencé à avoir des problèmes similaires : je vois un net parallèle entre la santé de mes vaches et la mienne. Moi aussi, j’ai commencé à avoir des « masses » dans l’abdomen. Utérus, vésicule biliaire, ovaires, les kystes en tout genre se sont multipliés.
Les conséquences sont donc alarmantes. Au total, dans les pires années, nous avons perdu près de 60 % de notre cheptel. Actuellement, nous en perdons en moyenne 40 %, grâce au travail quasi permanent d’un géobiologue qui tente de conserver chez nous un fragile équilibre. Mais lui-même ne garantit pas qu’il pourra nous aider encore à l’avenir, si la densité des parcs augmente autour de chez nous, ainsi que l’installation des antennes relai. Même les caméras de surveillance que nous avons fait installer sur notre ferme se dérèglent toutes seules et sans raison.
Lorsque nous avons fait le rapprochement entre les éoliennes et tous nos problèmes, nous avons commencé par faire vérifier toutes nos installations électriques, afin qu’on ne vienne pas nous accuser de négligence. Puis nous avons demandé aux vétérinaires de nous délivrer des attestations, indiquant que nos soucis étaient réellement extérieurs à notre ferme, que les problèmes électriques ne provenaient pas de chez nous. Peine perdue, aucun vétérinaire n’a voulu nous fournir un tel document.
La responsabilité repose entièrement sur nos épaules. On nous répond : « commencez par avoir des vaches soignées, en bonne santé, et ensuite nous verrons, nous étudierons le problème ». C’est totalement absurde. Nous ne pouvons pas avoir des bêtes en pleine forme puisque, face aux courants, elles s’amaigrissent et s’affaiblissent, et n’ont plus d’immunité !
Nous tournons donc en rond et chacun se renvoie la balle. Pourtant, je ne reste pas les bras croisés. J’ai fait appel à la chambre d’agriculture, au Groupement de Défense Sanitaire, j’ai fait intervenir la presse, j’interpelle les députés, j’ai rejoint un groupe d’agriculteurs, qui, comme moi, sont victimes des parcs.
La réponse est toujours la même : apprenez à soigner vos animaux.
Vous qui lisez ces lignes, vous passez quelques minutes sur ces mots, ma famille est plongée dans ce cauchemar depuis 2019 : notre quotidien, c’est lutter pour notre survie.
En Haute-Marne, les parcs éoliens continuent à se densifier. Pendant que les aérogénérateurs tournent, nous, nous tournons en rond et nos vaches meurent à petit feu, en dansant la valse."
Témoignage recueilli par Sioux Berger
Décembre 2025
En savoir plus : Le Prix du Vent, éditions du Rocher.





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